GENEALOGIE DE LA FAMILLE DE BIGAULT
LA FUITE DE VARENNES
Il existe de nombreux ouvrages historiques sur la fuite de Louis XVI à Varennes. Son échec précipita la chute de la Monarchie.
 
En particulier, nous pouvons en retenir deux :
 
- Michel de LOMBARES : Enquête sur l’échec de Varennes (PERRIN)
- André CASTELOT : Le rendez-vous de Varennes (PERRIN)
 
Dans ces deux ouvrages, nous trouvons les différents rôles qu’ont pu jouer nos ancêtres : Monsieur de Bigault de Préfontaine (Jean-Baptiste DE BIGAULT, fils de Jean, Seigneur de Préfontaine, né le 18 septembre 1734 à Granham) et Monsieur de Bigault de Signemont (Louis DE BIGAULT DE SIGNEMONT, fils de Nicolas, né au Claon, annexe de la paroisse de la Chalade, le 18 avril 1732).
LA MAISON DE JEAN-BAPTISTE DE BIGAULT DE PREFONTAINE
En ce qui concerne Monsieur de Préfontaine, nous pouvons résumer sa « participation » de la façon suivante : Les voitures Royales s’étaient arrêtées à l’entrée de Varennes, devant la maison de Monsieur de Bigault de Préfontaine. C’était un ancien Officier du Corps Royal d’Artillerie, en retraite depuis une quinzaine d’années, qui gérait les biens du Prince de Condé dans la région. (Il entra à 10 ans dans la Gendarmerie, fut nommé surnuméraire le 9 juin 1750, cadet en août de la même année, et lieutenant le 29 novembre 1755. Lieutenant en second le 1er janvier 1761, capitaine en 1765, Chevalier de Saint-Louis comme capitaine en second dans le Régiment de Metz du Corps Royal d’Artillerie le 15 décembre 1772. Il prit sa retraite le 1er janvier 1777 avec 600 livres de pension sur les fonds de l’Artillerie et 300 livres sur le Trésor Royal, qui lui étaient concédées depuis le 27 juillet 1769).
 
La voiture arriva à 11 heures du soir sonnant devant la maison. Les domestiques vinrent de suite ouvrir la porte. La femme de chambre de Monsieur de Préfontaine demanda aux illustres voyageurs s’ils désiraient quelque chose. La Reine lui dit : « Je vais descendre, ma bonne ». Ce qu’elle fit pour ses besoins. La voiture y resta près de ¾ d’heure (en réalité, il fut de 35 minutes, Louis XVI ayant regardé sa montre). Monsieur de Préfontaine dormait et il a été réveillé plus tard par le vacarme de Varennes. Il en a d’ailleurs exprimé des regrets.
 
En résumé, c’est certainement la durée de cet arrêt qui a provoqué l’arrestation du Roi à Varennes, quelques heures plus tard.
 
Monsieur de Préfontaine, parce qu’il était allé saluer la Famille Royale et lui avait témoigné sa respectueuse sollicitude, sera menacé par ses concitoyens après le départ du Roi. Il essaiera de s’échapper, mais sera pris dans les bois. Il pourra émigrer et mourra finalement à Brunswick.
 
C’est un peu plus tard qu’intervint Louis de Bigault de Signemont.

Mais retraçons d’abord son parcours : Dès le 1er avril 1746, on le trouve Cadet au Régiment d’Infanterie de Chartres. Capitaine le 1er septembre 1756, après avoir participé aux sièges de la Citadelle d’Anvers, à celui de Berg-op-Zoom (1747) et à celui de Maastricht (1748), il fut réformé en 1763 mais réussit à se faire réintégrer la même année.
Nommé Capitaine-Commandant le 4 juin 1776, il fit campagne sur mer en 1778, et se trouvait au combat d’Ouessant sur le Vaisseau « Saint-Esprit », commandé par le Duc d’Orléans, futur Philippe-Egalité.
Promu Lieutenant Colonel des Grenadiers Royaux de Lorraine le 8 avril 1779, décoré de la Croix de Chevalier de l’Ordre Royal et Militaire de St Louis, il est victime du Décret du 31 mars 1791 interdisant tout commandement militaire aux hommes âgés de plus de 50 ans, et mis en réforme tout en étant nommé Maréchal de Camp pour retraite. Il se retire alors à Neuvilly-en-Argonne, où il organise la première « Garde Nationale » et se fait nommer Commandant Général de tous les gardes Nationaux de Département de la Meuse.
Aussi quand, le 21 juin 1791, le Roi fut arrêté à Varennes, et que tous les Gardes Nationaux de tous les villages environnants se furent portés dans la petite cité, Louis de Signemont n’eut pas de difficulté à faire reconnaître son autorité. Nous le voyons empressé autour de la maison où le Roi était descendu, intervenant à tout propos et faisant parade de son commandement. Au moment où le Capitaine d’Eslon, commandant les Hussards, demande à entrer en ville pour rendre ses hommages au Roi et se dirige seul vers le poste des Gardes Nationaux, le Sieur de Signemont, commandant de la Garde Nationale, immédiatement appelé lui accorde cette autorisation, et même lui donne sa parole d’honneur qu’il pourra parler au Roi seul et sans témoin. De Signemont reviendra sur sa parole d’honneur et entra avec le Capitaine dans la chambre royale.
 
Quand le retour du Roi à Paris fut décidé, le Général de Signemont prit le commandement des gardes nationaux qui devaient l’escorter une partie du chemin et accompagna la voiture jusqu’à Sainte-Ménéhould. Là, il quitta le commandement de l’escorte et le remit aux mains de Bayon, commandant de la garde nationale parisienne. C’est au moment du départ de Varennes, qu’eut lieu l’incident suivant : au milieu de la foule qu’il dominait de la hauteur de son cheval, de Signemont allait et venait et formait les rangs des gardes nationaux. Sur sa poitrine brillait la Croix de Chevalier de Saint-Louis, et cette Croix attira les regards de Madame Elisabeth, qui, la montrant au Roi, lui dit avec une expression de pitié indignée : « Voilà, mon frère, un homme auquel vous donnez du pain ».

En septembre 1792, quand Verdun fut pris par les Prussiens, de Signemont fut arrêté et emprisonné. Quand les troupes Prussiennes quittèrent la ville 43 jours après, de Signemont fut remis en liberté et, en dédommagement, fut nommé au commandement de la place de Longwy, puis bientôt destitué. En avril 1793, nous le retrouvons investi du commandement de la place de Sarrelouis. Une nouvelle fois dénoncé, il se retrouve à nouveau en prison.
 
Peu après, nous le retrouvons Maire de Neuvilly. Le 6 Fructidor an IV, son corps fut découvert dans la forêt d’Argonne entre Neuvilly et Le Claon, au lieu-dit « les Bas-Bois ». Assassiné ou mort d’un accident de chasse, personne ne le sut jamais. Enterré à Neuvilly, sa tombe est aujourd’hui ignorée.
Ces textes ne sont pas des interprétations de l'Histoire,
mais simplement des transcriptions des livres cités en début de page.